Le Défilé de mode du 30 Juin 2008
A la Mairie de paris SLAMM de HAKIM, Slammeur
SLAMM de HAKIM
Non voyant, non entendant, non valide, on leur a toujours dit : non. C’est pas parce qu’on est différent qu’on n’est pas pareil.
L’autre : Je suis à mobilité réduite et on réduit ma mobilité, mes pieds dans leur prison ont des rêves d’évasion ; Moi,
je voudrais voyager sans ménager ma monture, je voudrais m’envoler,
mais trop lourde est l’armure qui me cloue à ce sol comme les racines
d’un arbre eux leurs feuilles s’envolent, moi je reste de marbre, les
bras croisés, les jambes pliées, ce dont on me prive tout ce qu’il vous
arrive, moi je le vis assis ou allongé sur mon lit. On m’aide
par des compliments, je ne peux pas me mouvoir mais je peux m’émouvoir
et mon fauteuil roulant ne vaut pas le déplacement.
L’aveugle : je n’ai plus le sens de la vue mais je garde en vue tous mes sens, mes pas à la baguette se font à l’aveuglette. La lumière de mon regard est une ombre qui me poursuit. Le
soleil était sans fard et m’a présenté la nuit ou la lumière du soleil
vient jouer à cache-cache. Les couleurs éclatantes sont restées sous sa
tente. Ce dont me privent les humains m’est offert par un chien.
Le sourd : Vous les signes du langage moi le langage des signes. Vous avez le poids des mots, moi la lourdeur du silence. Il y a la surdité et puis l’absurdité. Vous avez le droit de garder le silence et moi j’ai le droit de le rompre.
Le muet : il y en a réduit au silence et d’autres que le silence réduit. Le pire n’est pas d’être privé de l’usage de la parole, le pire c’est quand je vois l’usage que vous faite de la parole. Vous jetez l’anathème sur des mots espérés. Vous pouvez dire : Je t’aime et vous vous en privez. Il
y a moins de sourds muets qu’il n’y a de sourds qui sont restés muets
car vous pouvez dire : Je t’aime et vous vous en privez.
Le fou : je suis le fou qu’on garde avec des garde-fous. On m’appelle le débile, on rigole de nous et j’ai trouvé asile dans une maison de fous.
Les nains : Je suis de petite taille alors on taille les petits. On a fabriqué le haut et le bas, la haute société et la France d’en-bas. On
veut être normal, ne pas être rabaissé ni au pied du mur ni un
piédestal juste un pied d’égalité et malgré l’humour que suscite nos
sens on a gardé le sens de l’humour.
Le paralysé : lorsque l’on me dit çà marche et que je réponds çà roule Le muet : Lorsque l’on me dit : Je te crois sur parole et que je réponds avec les mains
Le sourd : lorsque l’on me dit, je serai toujours à l’écoute et que je réponds : alors on va pouvoir s’entendre
L’aveugle : lorsque l’on me dit j’espère que l’on se reverra et que je réponds moi-aussi.
L’handicapé : on l’a toujours dévisagé, regardé de la tête au pied.
Le sourd veut être entendu, le muet veut qu’on en parle, le
paralysé veut que çà bouge et tout cela, tout cela, l’aveugle voudrait
le voir……